Pourquoi la majorité des hommes s’habillent-ils mal
Plusieurs hommes s’habillent mal. Nous tentons ici de comprendre pourquoi et de régler ce problème qui offusque souvent la gent féminine.
Publié le | 16 minutes de lectureLa semaine dernière, dans le métro, j’ai croisé un homme d’environ 30 ans, bien habillé, la chemise impeccablement repassée… et qui portait des espadrilles blanches aux pieds. C’est non, non et non… Ce genre de contraste, on le remarque instantanément chez les autres, même si on ne le voit pas toujours chez soi. Vous allez me dire qu’il avait peut-être des chaussures habillées au bureau, mais j’en doute, puisque plusieurs hommes portent le basket avec le complet désormais, qui provient du style décontracté typique de la Silicon Valley . Et pourtant, nous sommes en pleine « Semaine de la mode de Montréal », désormais rebaptisée le Festival M.A.D. Et cet événement, comme les autres du genre partout sur la planète, soulève une question simple : à quoi servent ces derniers si leur influence ne se rend jamais jusqu’à la garde-robe de monsieur Tout-le-Monde ? J’en jasais aussi avec Stéphane Le Duc, chroniqueur mode et animateur de l’entrevue avec Clara Tosi Pamphili dont je vous parle plus bas, à savoir pourquoi la majorité des hommes s’habillent mal. Et il est difficile de trouver clairement une réponse, mais je vous offre quelques pistes de solutions pour changer cette perception et savoir si vous devez améliorer votre style.
Style, mode et élégance : est-ce la même chose ou est-ce différent ?

Photo : Dwayne Joe | Unsplash
Avant toute chose, sachez que je n’ai pas inclus de mauvaises façons de s’habiller dans les images illustrant cet article, et c’est voulu : l’idée est de ne pas vous donner de mauvais plis, mais bien de vous montrer les bonnes façons de faire.
Je crois personnellement que les trois éléments nommés dans le sous-titre demandent d’être expliqués. La mode, est un élément bien souvent éphémère et change souvent, donc être à la mode implique des dépenses constantes, et souvent le résultat des différentes modes s’essouffle rapidement, nous en avons la preuve alors que la majorité des créateurs et des grandes maisons sortent deux collections par année, non pas seulement pour démontrer une créativité, mais dans un but commercial, soit que vous, le consommateur, dépensiez et que l’entreprise fasse des profits et puisse survivre. C’est un cycle de l’éternel recommencement. Il faut que, dans votre tête, vous y mettiez fin, n’achetez que si vous en avez le besoin.

Photo : Dwayne Joe | Unsplash
Le style et l’élégance sont plus une même famille. Ce sont deux mots qui reflètent une intemporalité, ce qui est, selon moi, la clé lorsque l’on achète un vêtement. Il suffit de jeter un œil aux hommes présents lors de l’événement Pitti Uomo ou à Milan en général, ce ne sont bien souvent pas des styles qui sont exubérants ou excentriques pour la plupart, mais des tenues souvent sobres, et ce sont les accessoires qui les rendent différents, qui font qu’on les remarque.

Photo : Adobe Stock
J’étais justement à l’exposition Italia è Moda cette semaine, qui se déroule jusqu’au 23 août au Fairmont Le Reine Elizabeth, dans le cadre de la deuxième édition des « Italian Fashion Days in the World ». Mise sur pied par Clara Tosi Pamphili et conçue comme une scène de théâtre, l’exposition présente des vêtements et des accessoires au rythme de la vie quotidienne : tenues de jour, tenues de soirée et tenues de sport. Des smokings aux survêtements, des robes de soirée aux créations contemporaines de jeunes créateurs, en passant par la maroquinerie, les chaussures (dont de superbes Santoni), les lunettes et les cosmétiques, l’exposition offre un panorama complet de la mode et du design italiens. Les vêtements de cette exposition m’ont beaucoup influencé pour cet article, car, bien qu’ils soient simples, c’est la manière dont les gens les assemblent qui les rend élégants. Par ailleurs, une entrevue avec cette dernière très instructive sur le style italien et l’importance de ce dernier sur le monde de la mode a suivi.

Photo : HACA Wedding |Unsplash
Par ailleurs, je pense que c’est très québécois, voire même nord-américain, de mal s’habiller. Quand j’étais petit, ma mère me disait souvent : « où tu t’en vas habillé comme ça ? » Alors que j’étais habillé « propre ». Je me demande si ça n’a pas un lien avec le fait que, quand elle était jeune, la religion était omniprésente, et que l’Église était l’une des rares occasions pour les gens de s’habiller élégamment. En dehors de ce contexte, ça n’avait pas sa place… ah, ce complexe judéo-chrétien qui nous hante encore !
Messieurs, gardez-en tête que vous n’êtes plus des adolescents

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J’ai demandé à une amie qui a longtemps travaillé en mode des petits conseils qui, selon elle, font que la majorité des hommes s’habillent mal. Elle me dit d’entrée que plusieurs n’ont pas évolué et ont encore et toujours leur style d’adolescent. On voit ceci dans l’ajustement et le choix de la mauvaise taille de vêtements. Des pantalons trop larges, trop longs, mal finis, mal ajustés, ça fait négligé. Des chemises à gros motifs, trop grandes, avec un espace dans le cou trop imposant, qui mettent de l’avant des marques et cachent votre personnalité derrière le vêtement. Certains hommes tentent de cacher leur excès de poids dans des vêtements amples, mais cela ne fonctionne pas, ils ont l’air encore plus gros. On dirait que parfois, pour les hommes, les vêtements sont plus une fonction utilitaire que pour être élégant. Votre vie a changé, vos vêtements doivent s’adapter à votre nouveau style de vie.

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Il ne s’agit pas de dépenser une fortune en vêtement loin de là. Un chandail gris et une paire de pantalons en denim peuvent faire un style parfaitement élégant, comme ils peuvent aussi en faire un style qui ne l’est pas du tout si vous négligez la façon dont vous le portez (vous ne voulez pas avoir l’air de Bibendum). Il suffit parfois d’un bon ajustement chez un tailleur ou bien de choisir la bonne taille, pas celle du physique que vous souhaitez obtenir dans 5 ans ou celle que vous aviez il y a 5 ans.

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L’ajustement, ce n’est pas seulement une question de taille, c’est aussi une question de proportions. Un veston, une chemise ou un pantalon qui convient parfaitement à un ami ne vous ira pas nécessairement de la même façon, parce que votre morphologie n’est pas la sienne. Un homme de plus petite taille aura avantage à éviter les motifs trop larges ou les vestons trop longs, qui écrasent la silhouette. Un homme costaud devrait privilégier des coupes structurées plutôt qu’amples, qui allongent la ligne au lieu de l’alourdir. Connaître sa morphologie, ce n’est pas une question de vanité, c’est la base pour que n’importe quel vêtement, même simple, tombe bien. Nous en avions d’ailleurs discuté avec Jean-Michel Bonin, propriétaire de Clusier, dans notre article sur les vêtements personnalisés.

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Achetez pour le futur, oui, mais pas pour un objectif physique irréaliste dont vous n’êtes pas prêt à mettre les efforts pour l’atteindre. Oui, je sais que cette dernière décision est parfois plus compliquée à prendre et fait parfois mal à l’ego.

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Vous ne trouvez pas votre style, ou vous êtes inconfortables dans les recommandations des conseillers qui vous mettent trop de pression, n’hésitez pas à vous offrir les services d’un ou d’une styliste, idéalement une personne qui est indépendante et non pas affiliée à une boutique ou à un centre commercial.

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Un autre réflexe qui manque à plusieurs hommes : la capacité d’assortir les couleurs entre elles. On voit souvent des combinaisons qui jurent, ou, à l’inverse, des tenues qui manquent totalement de couleur, tout en noir, en gris ou en bleu marine, par peur de se tromper. La solution n’est pas compliquée : bâtissez votre garde-robe autour de deux ou trois couleurs neutres (le gris, le marine, le beige) qui se marient facilement entre elles, puis ajoutez une ou deux couleurs d’accent par la chemise, la cravate ou les accessoires comme une montre analogique (on vous conseille une visite chez les professionnels de Château d’Ivoire ou de Time Vallée). Vous n’avez pas besoin d’être un expert en théorie des couleurs, seulement de rester cohérent et de ne pas avoir peur d’un peu d’audace, par petites doses.

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Garder ses vêtements trop longtemps, une mauvaise habitude

Photo : Tolga Ahmetler | Unsplash
Un vêtement usé que vous portez en public, ça n’a pas sa place. Un col effiloché, une couleur délavée, un tissu qui bouloche, ce sont des signaux clairs qu’il est temps de passer à autre chose. Si vous tenez à le garder, servez-vous-en pour des travaux manuels ou pour entretenir le terrain. S’il ne sert pas, donnez-le ou recyclez-le, plusieurs organismes et friperies redonnent une seconde vie à ce que vous ne portez plus.

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Le même principe s’applique aux accessoires et aux chaussures. Si la ceinture est usée, on la remplace. Des souliers qui ne sont pas dignes de votre style, on les fait réparer chez le cordonnier si c’est possible, un ressemelage coûte souvent une fraction du prix d’une nouvelle paire, et prolonge la vie d’un cuir de qualité de plusieurs années. C’est d’ailleurs ici qu’investir dans de bonnes pièces au départ fait toute la différence : un vêtement bien fait se répare, un vêtement bon marché se jette.
Si on se parlait des souliers…

Photo : Mohamad Khosravi | Unsplash
Ah le combo habits (costume)/veston et les « sneakers » dont je vous parlais en introduction, que nous appelleront baskets et espadrilles… est-ce qu’il y a pire erreur de style ? Je ne crois pas. Oui, cette tendance a vu le jour dans les années 1980 avec les gens portant des espadrilles pour le confort du transport en commun, pour ensuite les changer pour des chaussures habillées, mais cette tendance est devenue une norme avec l’émergence de l’industrie de la technologie qui voulait briser le cadre du monde des affaires, et ensuite adoptée par le monde de la publicité, qui est devenue la sœur siamoise de l’industrie de la technologie et, ensuite, les grandes maisons de couture qui se sont mises à produire des espadrilles et baskets à des prix démesurés. Vous allez peut-être me trouver de la vieille école, mais les chaussures de sport ou avec une semelle blanche, je préfère les enfiler pour faire de la course ou bien dans une tenue plus estivale. Je pense que cette mauvaise habitude, qui consiste à privilégier le confort au détriment de l’élégance, contribue à la baisse de la classe masculine. Je suppose que plusieurs d’entre vous font cette erreur, mais bon, c’est mon opinion. De plus, le gros problème avec les baskets, c’est qu’ils sont souvent éphémères et ont une durée limitée dans le temps. En effet, il est quasi impossible de les réparer et des frais exorbitants sont exigés pour qu’on les nettoie. En fin de compte, la chaussure sera dans le même état, particulièrement au niveau de la semelle, souvent en plastique, qui s’use rapidement, et qui ne peut être remplacée.

Photo : Adobe Stock
En plus d’éviter les baskets avec un complet, il faut savoir choisir le bon soulier selon l’occasion. Le richelieu (oxford) reste le plus formel, avec sa fermeture fermée, parfaite pour le bureau ou une soirée élégante. Le derby, avec sa fermeture ouverte, offre un peu plus de polyvalence et se marie bien avec un veston plus décontracté. Optez toujours pour du vrai cuir haut de gamme, et non pour de la cuirette ou des chaussures avec l’étiquette « cuir véritable » ou « genuine leather », qui sont des termes trompeurs signifiant « bas de gamme ». En effet, deux ou trois paires de chaussures de qualité, bien entretenues, dureront plus longtemps et seront plus confortables qu’une demi-douzaine de paires à bas prix.

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Et quand l’automne arrive, la botte devient l’alliée du gentleman, à condition de ne pas la confondre avec une botte de travail ou de randonnée. Nous avons d’ailleurs consacré un article complet aux meilleures bottes d’automne pour vous guider dans ce choix, qui demande autant de rigueur que celui d’un soulier de ville.
D’autres conseils pour améliorer votre style

Photo :Glassesshop | Unsplash
Pour ma part, bien que je n’ai pas encore fait l’achat d’un complet (c’est une dépense que je ne me suis pas encore autorisée, puisque je place plusieurs de mes économies sur cette plateforme), mais j’ai tout de même un smoking, j’essaye tout de même d’être élégant en choisissant des pièces qui font que mon style sera indémodable et pourra me servir à long terme. Pour tenter de m’inspirer, je regarde des créateurs de contenu de mode masculine d’ailleurs comme les Européens. Les Américains ont tendance à toujours s’habiller en Suitsupply (marque d’entrée de gamme de costumes) et en Ralph Lauren (le logo est souvent omniprésent) en raison de leurs commandites. Vous pouvez aussi vous inspirer de James Bond, quoique, parfois, ses costumes sont trop serrés, et il faut donc regarder le style plutôt que la façon dont c’est porté et surtout y aller avec votre usage quotidien.

Photo : Asal Mshk | Unsplash
Vous avez un portefeuille un peu plus serré, choisissez des pièces bien cousues, bien taillées, faites de qualité. Soyez attentifs aux soldes, ils peuvent être tentants, mais assurez-vous que les couleurs, les styles et les tailles correspondent à vos goûts et à votre garde-robe. N’hésitez pas à vous interroger sur le nombre de fois que vous porterez l’article dans lequel vous allez investir.
Soyez vous-même, pas une couverture de magazine

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N’oubliez pas que la première impression que vous donnez avec vos vêtements est souvent celle que les gens retiennent. Que ce soit pour un rendez-vous galant ou professionnel, c’est votre carte de visite. N’ayez pas peur de paraître « overdress », acceptez votre style, soyez confiants, osez de nouvelles couleurs, de nouvelles coupes et surtout trouvez votre style, un style avec lequel vous serez confortable et qui se fera remarquer pour les bonnes raisons.

Photo : Glassesshop | Unsplash
Si vous ne deviez retenir que quelques réflexes de cet article, en voici l’essentiel :
- L’intemporalité avant la tendance. Investissez dans des pièces qui traverseront les années plutôt que dans ce qui est populaire cette saison.
- L’ajustement avant tout. Un vêtement bien coupé à votre morphologie actuelle vaut mieux qu’un vêtement de la bonne marque mal ajusté.
- Les couleurs, avec cohérence. Bâtissez autour de neutres, puis osez un accent à la fois.
- Les souliers, pas les espadrilles. Gardez les baskets pour le sport ou le très décontracté, jamais avec un veston.
- L’entretien, une discipline. Un vêtement usé, une semelle abîmée, une ceinture élimée : ça se répare, ça se remplace, ça ne se porte pas tel quel.
Chez Gentologie, notre mission est de faire de tous les hommes des gentlemen. Et ça commence souvent, pour ce qui est du vêtement du moins, par une chose simple qu’on répète souvent : le style avant les tendances, toujours. Pour bien commencer votre parcours vers un style intemporel, abonnez-vous au Club par Gentologie et obtenez un rabais sur votre premier achat chez notre partenaire Clusier, une boutique pour hommes dans le Vieux-Montréal qui tient des marques intemporelles, comme Canali, Gran Sasso, et plusieurs autres.
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