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Osoyoos Larose, pionnier des grands vins canadiens

Osoyoos-Larose---Couverture

Voilà plus de 20 ans qu’Osoyoos Larose s’est établie dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique, pour créer un projet qui pouvait sembler inconcevable à l’origine, soit de créer un grand vin canadien. Pourtant, c’est un pari réussi, puisque plusieurs gentlemen apprécient les produits de ce domaine. Apprenons-en un peu plus sur son histoire en compagnie de Caroline Schaller, directrice générale et vigneronne, du domaine qui a poussé le vin canadien à s’élever au-dessus des montagnes.

Les débuts

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Photographies: Osoyoos Larose

« L’origine d’Osoyoos Larose remonte à 1998 et c’est le Groupe Taillan, propriétaire prestigieux de Châteaux Bordelais et Vincor (maintenant Vins Arterra au Canada), qui a eu l’idée de créer un créer un vignoble face au Lac Osoyoos, au début du développement des vignobles dans l’Ouest canadien », de me dire Mme Schaller. L’association a mené à la fondation d’un territoire qualitatif, car jusqu’à ce moment, c’était de la production de raisins qui ne pouvaient être utilisés pour la fabrication du vin. De plus, le gouvernement de la Colombie-Britannique a également, a également fait un appel d’offres afin de développer le raisin de cuve.

« C’était le but avoué de faire du vin dans la vallée de l’Okanagan, à l’image des grands crus bordelais, et de créer celui de l’Okanagan », de préciser d’entrée de jeu, Mme Schaller. C’est après de nombreuses études du terrain, que les gens d’Osoyoos Larose décidèrent de s’installer à l’endroit où ils sont présentement. En effet, ce dernier est le point le plus chaud du Canada, et le plus favorable à planter les différents cépages bordelais qui composent les vins du domaine.

« En 2001, c’est la sortie du premier millésime. Je fais un grand bond jusqu’en 2013, où c’est la séparation entre les deux partenaires. Le groupe français est désormais propriétaire à 100 % d’Osoyoos Larose. Depuis, nous avons toujours deux produits, Pétales d’Osoyoos et Le Grand Vin, et ce dernier est le produit grand cru du domaine. », de nous expliquer la vigneronne. Suite à ces propos, je bondis sur le sujet afin de valider une certaine réflexion qui me trotte dans la tête, soit celle de demander si l’on vise surtout les gentlemen lorsque l’on offre de grands crus de type bordelais.

Près des grands Bordeaux

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Photographies: Osoyoos Larose

« C’est un vin qui a été élaboré à l’image des grands vins de Bordeaux. En général, ce sont des vins plus costauds et plus puissants qui plaisent souvent à un public masculin. Nous avons également une clientèle de collectionneurs, d’amateurs et de connaisseurs de grands vins. De ce fait, nous sommes loin d’un public aimant les vins faciles et légers. », d’ajouter Mme Schaller. On peut également se questionner sur l’élaboration des deux produits d’Osoyoos Larose, lequel est venu en premier par exemple, et la vigneronne me précisait que le tout a débuté par Le Grand Vin. Celui-ci a été suivi rapidement par Pétales, grâce à l’implantation de jeunes vignes. C’est une des particularités du domaine, occupant un total de 80 acres sur un seul tenant, d’être situé sur les mêmes terres, et que chaque parcelle soit maximisée pour un classement optimal.

« Pétales est un vin plus léger, mais il reste tout de même élaboré à base de cinq cépages de type bordelais. Avec son élevage en barrique, il est parfait pour une entrée en matière de vin d’assemblage. », de souligner Mme Schaller. Pour ce qui est du second, vous vous doutez que ce ne sont pas nécessairement les mêmes vignes « Pour Le Grand Vin, nous utilisons les vignes plus concentrées. On joue sur la maturité et il est élevé, comme Pétales, en barriques de chênes français, mais pour celui-ci, elles sont soit neuves ou âgées d’un an, tandis que pour Pétales, elles ont entre 3 et 4 ans. Pour notre produit phare, nous ne cherchons pas à ce que ça définisse le goût énormément, toutefois, nous voulons que la concentration du fruit absorbe la puissance de la barrique pour une belle corrélation entre les deux », ajoute celle-ci.

Bientôt une incursion dans le monde des vins blanc pour Osoyoos Larose

Pour l’instant, Osoyoos Larose ne produit que deux vins, mais Mme Schaller me disait que pour la première fois, en 2020, l’équipe de production s’est assurée de planter une parcelle de cépages blancs composée de Sauvignon Blanc, de Sémillon et de Muscadel (ils seront parmi les premiers au Canada à le faire) que vous pourrez découvrir en 2024 si tout se passe bien. « On a cette envie là de proposer un blanc afin de bien garnir notre gamme », de nous révéler Mme Schaller.

L’impact des changements climatiques

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Photographies: Osoyoos Larose

Les feux de forêt de l’été 2020 en Californie ont eu un impact assez considérable sur le monde du vin. Cet impact s’est fait sentir jusque dans les États de Washington et de l’Oregon, voisins de la Colombie-Britannique, et j’étais donc curieux de savoir si ces derniers ont touché le domaine britanno-colombien. « En temps normal, avec les changements climatiques, on a une difficulté alors que l’on atteint les limites des deux points de la vigne, soit le chaud et le froid, nous jouons sur les deux extrêmes. Nous savons que nous pouvons avoir des pertes l’hiver avec ce que nous appelons les gelées noires, où les températures peuvent avoisiner les -20 degrés, et à l’été on peut avoir des journées à plus de 40 degrés. Nous sommes situés dans un quasi désert où il n’y a pas d’eau ou presque. La situation devient à ce point grave qu’à une température aussi chaude, la vigne se place en mode survie et bloque l’arrivée d’eau aux raisins afin de rester en vie », de nous expliquer Mme Schaller. Elle nous rassure que même si les feux sont passés très près de la vallée, les vins de 2020 d’Osoyoos Larose ne renfermeront pas de goût de fumée, comme probablement ceux de nos voisins du Sud.

L’avantage qu’ils ont par rapport à la France ou à l’Europe, c’est la faible présence de maladies dans les vignes. D’ailleurs, les vendanges à Osoyoos Larose se sont terminées au début novembre. La récolte qui vient de se faire était, comme les autres années, exceptionnelle, puisque selon ce que me racontait Mme Schaller, l’entreprise ne connaît pas de mauvaises années. Les années plus fraîches sont celles que Mme Schaller préfère, puisqu’elles permettent au vin de garder leur côté fruité et frais, et donc moins de notes confiturées et de pruneaux que l’on retrouve lors des années plus chaudes et sèches.

La dégustation des vins Osoyoos Larose

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Photographies: Osoyoos Larose

Sautons maintenant à la dégustation. Comment doit-on les déguster, et, surtout, avec quoi ? « Débutons par Pétales qui est une belle initiation aux vins de Bordeaux d’assemblage comme je le disais précédemment sans être trop costaud. On peut le boire l’été, entre autres, autour du BBQ, des mets méditerranéens, une pizza ou une moussaka, il est assez passe-partout. Pour Le Grand Vin, une belle pièce de bœuf, une dinde, des tournedos Rossini (un mélange de bœuf et de foie gras), avec des fromages un peu costaud. Pour les amoureux de chocolat, il sera un complément parfait à des desserts très concentrés en cacao. J’ai participé à une dégustation verticale lors d’une visite à Montréal à l’Atelier Joël Robuchon, il y a quelques années, et le chef nous a fait un accord mets-vin osé. C’était un filet de morue façon torréfiée avec une croûte au café, servie avec Le Grand Vin millésime 2009, qui possède des tannins plus souples et fondus étant accompagnés par des notes aromatiques qui partaient déjà sur le tabac, tel un vin de Bordeaux mature. L’accord était parfait, ça fait partie de mes superbes souvenirs de dégustation », de nous conseiller Mme Schaller.

Le-Grand-Vin---Osoyoos-Larose

Photographies: Osoyoos Larose

En ayant en tête Le Grand Vin millésime 2009, je me suis permis de lui demander à quoi doit-on porter attention en ce qui a trait à un vieux millésime. « Il faut faire attention avec la garde, car les vins vieux sont très différents des millésimes récents et il faut donc savoir si l’on aime ce type de produit. Le Grand Vin des dix dernières années conserve sa structure tannique et son fruit. Au-delà de cet âge, les notes seront plus portées sur le tabac, le chocolat, feuilles mortes et même le côté cuir. Nous devons porter une attention particulière quant aux accords afin d’avoir un équilibre parfait. En dégustation pure, avec un cigare, dans votre fauteuil club en cuir, avec un beau morceau de musique jazz ou classique, à vous reposer, ça sera un moment parfait qui vous permettra d’apprécier le vin pour lui-même », de nous suggérer Mme Schaller.

Comme 2020 est un peu l’année de la consommation locale, on peut voir les vins d’Osoyoos Larose comme une excellente option à mettre sur notre table. La double nationalité, française et canadienne, comme mentionnait Mme Schaller, est un avantage pour eux. En représentant Gruaud Larose, l’entreprise bénéficie de sa riche histoire, car cette grande maison produit des vins exceptionnels provenant d’une région extraordinaire où des rouges exceptionnels sont créés.

Est-ce mieux d’offrir ou de garder les vins d’Osoyoos Larose ? « C’est mieux de le déguster ! », de conclure Mme Schaller.

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Merci à Charton-Hobbs pour l’opportunité de cette entrevue. Publié originalement dans le magazine Gentologie No.6

Président, Éditeur et Rédacteur en chef de Gentologie.