Longines : le temps de l’élégance
Longines, société horlogère suisse fondée en 1832 à Saint-Imier, a une histoire riche et fascinante. Découvrez-en plus.
Publié le · Mis à jour le | 13 minutes de lectureVous avez peut-être aperçu le nom Longines sur les divers courts lors des grands tournois de tennis, des championnats du monde de ski alpin ou des courses de chevaux. Remontons un peu pour en savoir un peu plus sur cette société horlogère suisse dont la fondation a eu lieu en 1832.

Photo : Longines
C’est à Saint-Imier, ville située sur le Massif du Jura Suisse, que la compagnie a vu le jour sous la gouverne d’Auguste Agassiz (drôle de hasard qu’Andre Agassi a été porte-parole de Longines pendant plusieurs années). Comprenant qu’il avait besoin d’être aidé par quelqu’un qui partageait sa philosophie, il entraîne son neveu dans l’aventure, l’invitant à rejoindre son ambitieux projet. Le jeune Ernest Francillon aborde la nouvelle ère de l’industrialisation sans doute ni craintes, car c’était pour lui la seule façon de procéder. Fort de cette conviction, il transforme le comptoir d’horlogerie de son oncle en une fabrique moderne. Dès 1867, les horlogers travaillent ensemble sous le même toit, assistés de machines. La manufacture est implantée aux «longs prés» de Saint-Imier : l’endroit qui donnera sa dénomination à Longines.
Dès ses débuts, le nom Longines s’accompagna toujours d’un logo, un sablier ailé placé près du numéro de série. Il n’était en effet jamais trop tôt pour lutter contre la contrefaçon, c’était un prix que les fondateurs de la marque acceptaient volontiers de payer. Dès lors, la maison développe, dès 1878, son premier instrument de chronométrage d’événements sportifs : un chronographe de poche monopoussoir. Quelques années plus tard, en 1889, Longines pouvait déjà de mesurer 1/5 de seconde. Les années 1880 ont marqué le début de la glorieuse histoire de Longines dans le domaine des courses de chevaux aux États-Unis.
Charles Lindbergh et l’innovation de Longines

Photo : Longines
C’est le 20 mai 1927, à 7 h 52, que l’avion de Charles Lindbergh, le «Spirit of St. Louis», chargé de 1 704 litres de carburant sillonna la piste de l’aérodrome de New York avant de décoller lentement. Le pilote âgé de vingt-cinq ans choisit d’avoir plus de combustible plutôt qu’une radio. À 15 h 57, les roues du «Spirit of St. Louis» se posent sur l’aérodrome du Bourget, près de Paris, après 33 heures et 30 minutes de vol, et 3,635 milles (5 850 kilomètres) parcourus. Mesuré par Longines, Chronométreur officiel de la Fédération Aéronautique Internationale (FAI), l’exploit est connu dans les livres d’histoire comme le premier vol transatlantique en solitaire sans escale au monde.

Photo : Longines
En 1928, Lindbergh s’égare près de Cuba. Après l’accident, il fait appel à Philip Van Horn Weems pour l’aider à améliorer ses compétences de pilotage. Inspiré par le savoir-faire de Weems, Lindbergh imagine un modèle de montre qui servirait de véritable instrument de navigation aérienne, capable de calculer la longitude et la situation géographique exacte. La création de cette montre-outil, équipée d’une lunette tournante pour mesurer l’angle horaire du soleil ainsi que d’un cadran central, lui aussi tournant, est confiée à Longines.
Réalisée pour la première fois en 1931, on la baptisa la «Lindbergh Hour Angle Watch» ou en français la Longines à angle horaire. Elle s’imposa comme un outil indispensable pour toute une génération de pilotes, de navigateurs et de pionniers, pour leurs voyages à la conquête du ciel.
Philip Van Horn Weems : l’homme qui changea tout.

Photo : Longines
Pour en revenir à Philip Van Horn Weems, ce dernier est officier de la marine, instructeur et inventeur. Dans les années 1920, la navigation aérienne était difficile, souvent imprécise et entraîna plusieurs pilotes dans la mort. C’est alors que Weems met son expérience navale au service des pilotes en fondant la Weems School of Navigation, où de nombreux aviateurs influents acquièrent des compétences essentielles.
Un de ceux-ci, dont nous vous parlions plus haut, Charles Lindbergh, se joint à Weems en 1928, pour apprendre la navigation astronomique. Avant 1927, les montres ne pouvaient être réglées qu’à la minute près. Cependant, un écart de 4 secondes sur une montre pouvait faire dévier un avion d’un mille de sa trajectoire, en fonction de sa vitesse. En 1927, Weems met au point une montre qui se synchronise parfaitement avec le signal horaire radiodiffusé à la seconde près, sans arrêter le mouvement. C’est grâce à un disque interne rotatif équipé d’une échelle graduée de 0 à 60 secondes que cette synchronisation fut obtenue.
Longines, spécialiste reconnu des montres de pilote et fournisseur officiel de la Fédération Aéronautique Internationale, commence à produire un modèle à «réglage des secondes» en 1929. Cette même année, M. Weems dépose un brevet pour un instrument pouvant être synchronisé avec un signal radiodiffusé, au moyen d’un cadran central ou d’une lunette, tous deux tournants. Réalisées par Longines, les montres créées par Lindbergh et Weems sont les premières sur la planète à être munies d’une lunette tournante. En août 1931, la Longines Weems Second-Setting Pilot Watch est adoptée par l’Armée de l’air américaine, devenant dès lors une partie intégrante de l’équipement des pilotes jusqu’en 1946. Et c’est ainsi que Longines se forgea une réputation d’un chef de file dans le monde de l’aéronautique et rends vos voyages en avion beaucoup plus agréables et sécuritaires.
Longines. première au fil d’arrivée
C’est en 1933, alors que la Formule 1 n’avait pas encore vu le jour que Longines chronométra sa première compétition automobile, soit le Grand Prix du Brésil en 1933. Lors de la première saison de Formule 1 en 1950, Longines chronomètre le célèbre Grand Prix de Monaco ainsi que les 500 miles d’Indianapolis aux États-Unis. Quelques années plus tard, la marque de Saint-Imier est présente aux Grands Prix de Formule 1 de Barcelone, Berne, Buenos Aires, Zandvoort, Spa-Francorchamps et Melbourne, ainsi que de nombreuses autres courses et courses de côte.
De plus, pour améliorer la précision de ses systèmes utilisés lors d’événements sportifs, Longines a introduit en 1954 l’horloge électronique à quartz. Fort de ce savoir-faire, Longines a lancé l’une des toutes premières montres-bracelets à quartz en 1969. Dans les années qui suivirent, les ingénieurs de Longines perfectionnent une fois de plus le chronométrage en mesurant le temps individuel de chaque voiture. Ce nouveau système, développé en collaboration avec la société informatique italienne Olivetti, permet d’identifier les voitures au moyen d’ondes radio, ce qui représente une première mondiale. La Formula One Constructors’ Association (FOCA) homologua et présenta officiellement ce procédé révolutionnaire de chronométrage lors du Grand Prix automobile des États-Unis à Long Beach en mars 1980. Les impulsions électroniques transmises par les encodeurs Longines équipant chaque monoplace envoyaient des données à l’ordinateur extrêmement rapidement, diffusant en temps réel les informations aux équipes, aux médias et au public. Entre 1982 et 1992, Longines est Chronométreur officiel de toutes les courses de Formule 1. La marque suisse deviendra également commanditaires des écuries Ferrari et Renault au fil des années.

Photo : Longines
C’est bien la piste, mais Longines est aussi présente sur les pentes de ski. Depuis la création de son premier modèle de chronographe en 1878 et jusqu’à ce jour, Longines a toujours été une figure pionnière du chronométrage. Poussée par son esprit d’innovation et son intérêt pour le monde des sports, la marque est associée au ski alpin depuis le début du XXème siècle. Tout a commencé en 1924 alors que, pour la première fois, Longines a fourni l’équipement de chronométrage pour une course de ski organisée par l’armée, non loin de sa manufacture de Saint-Imier, en Suisse.
Mettant à profit son expertise en chronométrage, Longines est désormais le partenaire principal de la Fédération Internationale de Ski (FIS). La marque s’est également assuré une participation active aux sports d’hiver en tant que Chronométreur Officiel de la Coupe du Monde FIS de Ski Alpin et des Championnats du Monde FIS.
Les sports équestres et Longines, liés dans leur existence

Photo : Longines
Les chevaux ont toujours revêtu un sens particulier pour Longines. En effet, Saint-Imier, le siège social de la marque est également le berceau de l’unique race chevaline suisse encore existante, le cheval Franches-Montagnes. C’est sans surprise que de nombreuses montres de poche de la Maison sont rehaussées de motifs équestres. La plus ancienne de ces montres remonte à 1869. Longines réalise sa première montre à thème équestre deux ans seulement après avoir créé sa manufacture. Ce garde-temps inaugure une longue série de montres de poche équestres, un héritage que la marque réinterprète fièrement avec la collection The Longines Equestrian Pocket Watch.
Les premières montres de poche répondent également à l’engagement de la marque pionnière envers les sports équestres. En effet, dès 1878, Longines avait déjà développé son premier mouvement chronographe, qui fut placé dans un boîtier gravé avec un jockey et sa monture. Ces chronographes apparaissent sur les hippodromes américains dès les années 1880, où ils sont particulièrement prisés des jockeys et des passionnés de chevaux. En 1912, la marque parraine un concours de saut d’obstacles à Lisbonne au Portugal, créant ainsi un lien entre Longines et le monde équestre qui perdure encore aujourd’hui.
L’horloger s’est impliqué dès ses débuts dans l’équitation notamment en raison des valeurs communes que leurs deux univers ont en commun. D’un côté, tous deux ont une solide tradition et de l’autre, Longines et les passionnés de chevaux apprécient l’élégance. Les chevaux, qu’ils soient sauvages, dressés pour les compétitions ou qu’ils accompagnent leur propriétaire pendant leurs loisirs, ont la particularité de sublimer l’élégance de leur entourage, tout comme les montres Longines. Ces dernières sont un exemple de style pour ceux qui les enfilent à leur poignet. Pour terminer, dans les deux cas, la performance est une source de motivation. De plus, n’oublions pas qu’au fil des années, d’innombrables courses équestres ont bénéficié de la qualité et la fiabilité des chronographes et instruments développés par Longines pour chronométrer les exploits les plus spectaculaires.
Longines a beaucoup appris en travaillant dans l’horlogerie professionnelle, transférant ensuite ce savoir-faire aux montres-bracelets. Par exemple, le mouvement, le cœur de la montre, a souvent dû être repensé et miniaturisé. Les horlogers de la compagnie ont été de véritables précurseurs. Ces derniers réalisant le premier chronographe de poignet en 1913, le premier chronographe de poche à haute fréquence oscillant à 36 000 alternances par heure en 1929 (cal. 18,72), la première montre-bracelet du monde avec lunette tournante en 1931 et le premier chronographe flyback de poche, breveté en 1936. Et depuis, c’est sans cesse des innovations qui guident la transformation de Longines.
Les 90 ans du chronographe flyback

Photo : Longines
Le 16 juin 1936, Longines obtenait un brevet pour son chronographe flyback, une invention de l’horloger suisse qui a transformé le chronométrage et la gestion des différentes étapes d’un vol. En établissant de nouvelles normes dans la mesure du temps à bord d’un avion, ce mécanisme doté de deux poussoirs indépendants a inspiré des générations de montres de pilote et reste l’une des avancées majeures dans l’histoire des chronographes.

Photo : Longines
Conservés dans les archives de la marque, les dessins originaux témoignent d’un mécanisme appelé à influencer la conception des chronographes professionnels grâce à sa capacité d’arrêter, de remettre à zéro et de redémarrer l’aiguille des secondes d’une simple pression. Celui-ci évite ainsi de devoir effectuer chaque action séparément en vol, ce qui réduit le risque d’erreur humaine, tout en accélérant la prise de décision et les ajustements de trajectoire en temps réel.

Mouvement 13ZN rhodié, cadran argenté mat avec échelles télémétrique et tachymétrique, en excellent état,
exemple marquant du savoir-faire horloger de Longines.
Encore aujourd’hui, son influence et son héritage perdurent au sein des collections Longines Spirit Flyback et Longines Spirit Pilot Flyback. C’est ce 90e anniversaire que nous célébrons en mettant cet article en ligne aujourd’hui 16 juin 2026, soit exactement 90 ans après l’obtention du brevet.

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Article publié originalement dans le Magazine Gentologie No. 8
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